Semoule de manioc fermenté, cuite à la vapeur. C'est la base du repas ivoirien : avec du poisson braisé, de la sauce ou du garba. Au marché, ça se vend en sachets, et un sachet couvre deux ou trois repas.
La plupart des dossiers qui n'aboutissent pas ne buttent pas sur la procédure, mais sur un mot qu'on n'a pas compris. Attiéké et foutou sont deux choses différentes, la CNI et la carte de séjour ne sont pas le même document, et le titre foncier n'est pas un papier de village. Ce lexique explique les termes de la vie quotidienne, de l'administration, des impôts et de la location — en français, en chinois et en anglais, sans jargon.
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Semoule de manioc fermenté, cuite à la vapeur. C'est la base du repas ivoirien : avec du poisson braisé, de la sauce ou du garba. Au marché, ça se vend en sachets, et un sachet couvre deux ou trois repas.
Attiéké mélangé à des morceaux de thon frit, oignon cru et piment : 500 à 1 500 F le plat. Le déjeuner des étudiants, des chauffeurs et des employés pressés — rapide et bourratif. À un garba, on juge la qualité à la fraîcheur de l'huile.
Banane plantain mûre frite, croustillante dehors et fondante dedans, servie avec piment-oignon ou un poisson frit. On en trouve partout, et c'est en fin de journée que les allocodromes tournent le plus.
L'endroit où l'on fait frire l'alloco — un étal ou un alignement d'étals, actif le soir. Choisissez celui où il y a du monde et où l'huile chante encore.
Petit restaurant de quartier : chaises en plastique, braises, et trois ou quatre plats du jour. Comptez 2 000 à 5 000 F. Demandez « vous avez quoi aujourd'hui ? » plutôt que de réclamer la carte.
Poulet ou pintade coupé en morceaux, mijoté à l'étouffée dans une petite marmite fermée, sans presque aucune eau. On ouvre à table. Vingt à trente minutes d'attente, et ça les vaut.
Boule d'igname, de plantain ou de manioc pilée, élastique, que l'on prend par petits morceaux pour tremper dans la sauce. Main droite obligatoire, la fourchette est inutile.
Pâte de manioc fermenté, collante et translucide, servie avec une sauce gombo ou graine. La première fois surprend, la troisième on en redemande.
La sauce graine, à l'huile de palme, est riche et légèrement amère ; la sauce gombo, visqueuse et douce. Ce sont les sauces qui font passer foutou, placali ou riz.
Boisson rouge foncé à l'hibiscus, acidulée, qui se boit très fraîche. Dites « bien frais » pour l'avoir glacée.
Jus de gingembre : piquant, sucré, servi glacé. On le trouve à l'étal comme au restaurant, et c'est le remède maison quand la gorge gratte.
Vin de palme tiré le jour même, légèrement sucré et pétillant. Il fermente vite : plus il attend, plus il devient acide et fort. À boire frais du jour.
Alcool distillé à partir de vin de palme : fort, vendu en bouteilles sans façon, plutôt réservé aux soirées informelles. Une gorgée pour voir, pas un apéro ordinaire.
Le grilleur de poulet au charbon. Poulet entier à la commande, attiéké et piment à côté, service surtout le soir, et file d'attente le week-end.
Minibus de ligne, quelques centaines de francs, bondé, lent, qui s'arrête n'importe où. À éviter si vous êtes pressé.
Taxi collectif jaune, qui suit une ligne et prend plusieurs passagers : 300 à 500 F par personne. Demandez la direction avant de monter.
Petite vedette qui traverse la lagune et sert de transport pendulaire à Abidjan — souvent plus rapide que la route aux heures de pointe. Gilet de sauvetage obligatoire, et refusez la surcharge.
Gare routière : le départ des cars vers l'intérieur du pays. C'est bruyant et les pickpockets y travaillent — sac devant, et pas d'échange d'argent sur place.
Abidjan compte 13 communes, découpées en quartiers. Prix, sécurité et temps de trajet varient énormément d'un quartier à l'autre : louez au niveau du quartier, pas de la commune.
Le quartier d'affaires d'Abidjan : tours de bureaux, banques, ministères. Bondé le jour, désert le soir — on y gagne le trajet, on y perd la vie nocturne.
La lagune Ébrié, autour de laquelle Abidjan s'est construite. Elle explique beaucoup de choses : les prix au bord de l'eau, et les trajets qu'on fait ou non selon le pont.
La carte nationale d'identité. Pour un résident, c'est le sésame : compte bancaire, bail, la plupart des démarches la demandent.
Le titre de séjour, obligatoire au-delà de trois mois. Comptez 150 000 à 300 000 F et un à trois mois de délai. Le dépassement de séjour se paie : ne traînez pas.
Le visa électronique se demande sur snedai.com avant le départ : le passage à l'aéroport est beaucoup plus fluide. Gardez la capture ET l'impression.
La plateforme officielle du visa électronique ivoirien. C'est le seul canal à utiliser — les intermédiaires ne servent à rien, sinon à vous faire payer.
L'Office national de l'état civil et de l'identification : CNI, actes de naissance, attestations d'identité. Incontournable. Site : oneci.ci.
Le certificat international de vaccination contre la fièvre jaune. Contrôlé à l'arrivée, souvent réclamé pour le séjour. À faire au moins dix jours avant le départ ; valable à vie.
Le guichet unique de création d'entreprise : réservation du nom, immatriculation, RCCM, tout se joue là. La réservation de nom est gratuite et vaut 30 jours.
Le registre du commerce et du crédit mobilier : l'équivalent du numéro d'immatriculation commerciale. Indispensable pour contracter, répondre à un appel d'offres ou facturer.
Le numéro d'importateur-exportateur. Obligatoire dès qu'on importe ou exporte ; il se demande séparément du RCCM.
La Caisse nationale de prévoyance sociale : retraite, accidents du travail, prestations familiales. Retraite : 6,3 % salarié, 7,7 % employeur, avec un plafond d'assiette.
La couverture maladie universelle : cotisation par personne, consultations et une partie des médicaments pris en charge. Les résidents étrangers y ont accès — vérifiez votre palier.
La Direction générale des impôts : IGR, impôt sur les sociétés, TVA, déclarations. Son barème fait foi. Site : dgi.gouv.ci.
L'impôt sur le revenu, prélevé à la source. Tranches mensuelles de 0 / 16 / 21 / 24 / 28 / 32 %. Le taux de déduction des frais professionnels change sensiblement le net.
La TVA, à 18 % en taux normal. Elle se récupère en B2B, à condition que la facture soit conforme — d'où la FNE.
La facture normalisée électronique : depuis la dématérialisation, une facture hors circuit conforme n'est pas déductible pour le client et vous expose à un contrôle.
Régime simplifié pour les très petites activités : l'impôt est forfaitaire, sans comptabilité lourde. Tant que le chiffre d'affaires reste modeste, c'est plus avantageux que le régime réel.
La patente, contribution annuelle liée à l'exercice de l'activité, due même sans bénéfice. Vous ouvrez, vous la devez.
Le franc CFA (XOF), monnaie ivoirienne, arrimé à l'euro : 1 EUR = 655,957 XOF. Face au dollar, le cours flotte. Avec la zone euro, le calcul est stable.
La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest : elle émet le XOF et pilote la zone monétaire. C'est sa politique qui fixe le cadre des changes.
Le guichet unique du commerce extérieur : déclarations, contrôles et mainlevées passent par une seule plateforme. Le papier a quasiment disparu.
Le titre foncier est le seul document qui prouve définitivement la propriété — pas le papier du village, pas la promesse de vente. Sans titre, pas d'achat.
Le notaire : terrain, immobilier, statuts de société — tout ce qui se publie passe par lui, honoraires à la valeur de l'acte. Ce n'est pas la ligne à rogner.
L'administration déconcentrée de l'État, au niveau du département et de la sous-préfecture. Beaucoup d'attestations, d'enregistrements et de titres s'y font — elle a plus de pouvoir que la mairie.
La mairie : naissances, mariages, décès, certaines taxes locales. Ce n'est pas la préfecture, et les deux ne se remplacent pas.
La gendarmerie, plutôt routes et périphérie, en tenue. Ce n'est pas la police : porter plainte au mauvais guichet fait perdre une heure.
L'évacuation des occupations illégales : l'État rase ce qui est sur l'emprise publique ou un terrain programmé, parfois sans longue préavis. Vérifiez avant de louer ou d'acheter.
L'état des lieux d'entrée et de sortie. Plus c'est détaillé, mieux c'est, photos à l'appui. C'est précisément là que la caution se joue.
La caution : deux à trois mois, c'est l'usage, pas un plafond légal — ça se négocie. Sa restitution se joue sur l'état des lieux.
Le préavis lie les deux parties, en général un à trois mois. Lisez-le avant de signer : c'est lui qui décide combien de temps vous êtes coincé.
Le syndic gère ascenseur, groupe électrogène, gardiens et charges communes. En résidence, votre confort dépend directement de lui.
Le groupe électrogène sauve les soirées de coupure, et c'est la ligne à clarifier dans le bail : fourni ou non, carburant à qui ?
Les coupures tournantes quand le réseau est sous tension, en principe annoncées. Un onduleur pour le frigo et l'ordinateur change la vie.
La Compagnie ivoirienne d'électricité : abonnement, factures, dépannages. Le 179 au téléphone.
La société de distribution d'eau : abonnement, facturation, fuites. Le 178.
Les quatre portefeuilles mobiles. Wave plafonne à 1 %, le moins cher ; Orange et MTN ont le réseau d'agents le plus dense. Combinaison conseillée : Wave en principal, Orange en secours.
La tontine : un groupe cotise chaque mois et chacun prend le pot à tour de rôle. Aucun contrat, la confiance tient lieu de garantie ; très répandue chez les petits commerçants.
L'argot d'Abidjan : français, langues locales et mots tronqués. Quelques expressions suffisent pour changer l'attitude du vendeur ou du chauffeur.
Musique et danse ivoiriennes, rythmiques et très travaillées côté allure. C'est ce qui passe en boîte et aux mariages.
Musique populaire née avant le coupé-décalé, textes sociaux et narquois, tempo enlevé. On l'entend dans la rue et dans les cars.
Langue mandingue du commerce et du nord, très présente au marché. Trois phrases de dioula et le vendeur vous compte comme un des siens.
L'un des principaux groupes du centre, dont la culture irrigue le pays. Leurs masques et sculptures sont renommés.
Peuple du nord, connu pour ses sculptures, ses masques et la fête des ignames. Le pays sénoufo s'articule autour de Korhogo.
Tout ce qui n'est pas Abidjan est « la brousse », même une ville de cent mille habitants. Aller en brousse, c'est simplement quitter la capitale économique.
La palabre : on s'assoit et on discute jusqu'à trouver un terrain. Le pays règle les choses en parlant, pas par courrier — vingt minutes de discussion valent mieux que trois relances.
Le salaire minimum interprofessionnel garanti, hors agriculture : 75 000 F par mois, pour 40 heures hebdomadaires. Vérifiez que le contrat ne descend pas en dessous.
Le salaire minimum agricole garanti, inférieur au SMIG : 39 960 F par mois. C'est la référence pour les plantations.
Se débrouiller : trouver la voie quand le circuit officiel patine. Ce n'est pas un piston, c'est une méthode. En Côte d'Ivoire, le mot vaut tous les organigrammes.
On vous le dit au guichet, chez le propriétaire, dans le taxi. Cela veut dire « possible, mais pas tout de suite » : ni une confirmation, ni un refus.
La fête des ignames rythme l'année dans le nord et chez plusieurs communautés akan : on célèbre la récolte. Les dates diffèrent d'un village à l'autre, vérifiez avant de vous déplacer.
Forêt classée aux portes d'Abidjan : footing, promenade, singes. C'est la verdure la plus accessible de la capitale économique.